Histoire de Cybertown >> Votre personnage

Faune

créé par Yserne le 24 octobre 2019 à 18:41.


Yserne
nuisance sonore
INTRODUCTION
Présentation du personnage.


C'est une bien douce folie qui semble habiter cette rousse de feu.

Naturelle, presque toujours franche, quelque fois surprenante ou peut être un peu .. dérangeante, elle fait de sa folie et de ses déviances un art de vivre, comme si elle se glissait sans honte dans la peau de la folle du village, celle qu'on voyait jadis cueillir des bouquets de fleurs dans les champs et se laver nue dans l'eau des ruisseaux.

Elle est très fréquemment sous l'emprise du peyotl ou de quelques préparations de son cru, ce qui bien sur n'arrange rien à son comportement parfois déroutant.









Yserne
nuisance sonore

- I -
L'Eveil.



Le couple était installé à la table de la grande cuisine cernée de baies vitrées de leur villa de Campagne, dans le nord est de la France.

Mains liées sur la table, un silence pesant règnant sur la pièce qu'une simple bougie basse éclairait, posée sur la table, pour ne pas attirer les hordes de pillards qui écumaient déjà la région, ils se regardaient sans qu'aucun des deux n'ose prendre la parole pendant un long moment.

Déliant sa main de celle de son époux, elle attacha sa longue crinière rousse en un chignon haut, machinalement, puis tourna le regard vers l'horizon crépusculaire, les collines longues couvertes de hêtres et de charmes hauts, au travers des baies vitrées, nimbé de la lueur des incendies des villes, dont les épaisses colonnes de fumée noires noircissaient horriblement le ciel.

-"Nous avons pris la bonne décision, nous n'aurions pas pu la protéger..."

L'homme, dont le visage large et anguleux, cerné d'un collier de barbe grisonant et d'une tignasse noire et épaisse, n'exprimait qu'un vide total d'émotion, releva lentement le regard vers son épouse, comme avec peine.

-"Mon amour ... nous avons échoué en tout .. nous sommes surement le peuple le plus médiocre de l'univers... et il n'y a aucun Dieu la haut, il n'y a que d'insondables ténèbres qui ne nous contemplent même pas ... nous sommes seuls ...seuls et maudits."

Une terreur passa dans le regard de la femme, elle regarda son époux se lever, machinalement, frappée de plein fouet par ses mots, lui qui avait toute sa vie été croyant et spirituel, tout autant qu'un des savants les plus talentueux de son époque.

-"Je vais aller faire les dernières vérifications avant de fermer le bunker pour de bon.."

Elle l'entendit descendre au sous sol, emprunter l'ascenceur qui descendait au bunker ou se trouvait la cuve de stase de leur fille unique, Yserne.

Quelques longs instants après, elle entendit une unique détonation, celle du pistolet automatique que son époux gardait sur lui depuis quelque temps, et elle comprit qu'elle était maintenant seule, seule .. et maudite.

Elle quitta la demeure à la tombée de la nuit, et disparut dans le chaos du monde.

Sous les fondations de la Villa, dans le bunker ultra sécurisé, Yserne dormait désormais, protégée par quelques mètres de béton et d'acier, dans une cuve de stase de dernière génération, avec assez de nutriments pour tenir des siècles, et une IA domestique programmée par son père veillait sur elle, en attendant que des temps plus propices à sa survie arrivent.



***


Ce foutu robot de manutention rafistolé n'avait aucune conversation, pas plus que la vieille femme qui était assise, muette la plupart du temps, presque aveugle, sur la charette d'attelage qu'on lui faisait tirer.

Daniel s'efforçait de lui adresser quelques signaux sociaux lorsqu'ils voyageaient sur les sentiers du désert, mais les rares signes de conscience que la vieille montrait encore étaient au mieux quelques inaudibles prières qu'elle récitait tout bas parfois.

Loin devant, la petite Jenny faisait des recconaissances rapides, furtive et endurante, elle prenait de l'avance sur le groupe pour guetter l'horizon, à la recherche de ruines ou ils pourraient piller quelques pitances et peut être récupérer un peu de matériel, qui irait rejoindre tout le fatra que Daniel entassait sur le chariot derrière la vieille femme presque folle.

Jenny guettait aussi les longues nuées de poussière qui indiquait le passage de chevaucheurs de métal, avec lesquels une rencontre ne pouvait qu'être fatale, et même si la mort semblait avoir elle aussi délaissé le monde, la souffrance était une toute autre chose, et certains clans parmis les plus dégénérés pratiquaient allègrement le viol, le cannibalisme, et attachaient même parfois leurs proies vivantes à l'avant de leurs véhicules de combat pour impressionner leurs ennemis.
Il était cependant facile, si on avait une éclaireuse comme Jenny, d'éviter de les rencontrer.

A l'arrière, a quelques enjambées du chariot, Marcus et Anita, dons les amours, qui avaient survécu à la fin du monde, les poussaient souvent à s'isoler un peu du convois, suivaient en surveillant les alentours eux aussi, tandis que Kalel, lui, suivait à loisir de loin ou accompagnait Jenny en recconaissance, armé d'une vieille carabine de chasse dont il possédait encore quelques boites de munitions et de son couteau de chasse.

Kalel était un vrai survivaliste, en fait, le groupe même ne lui était pas vraiment utile, mais il s'était lié d'affection pour la petite Jenny qui, comme lui, était une pisteuse et une survivante, tous deux comprenaient le désert, et se comprenaient mutuellement.

Ce jour la, au matin, alors qu'ils avaient passé la nuit dans la cuve, asséchée depuis des années par le soleil cuisant de l'après monde, d'un vieil auto-camion citerne couché sur le coté, Kalel partit loin en avant en demandant au groupe d'attendre deux heures son retour, et de continuer a avancer si il ne revenait pas, demandant même Jenny de rester avec eux.

Cette nuit la, s'étant levé pour uriner et prendre l'air frais de la nuit, il lui avait semblé avoir entendu le vrombissement presque impossible d'un drône, qu'il ne pouvait confondre avec celui d'une nuée d'insecte, et aperçu au loin une lueur rouge clignotante peu après, a moins que ce ne soit le peyotl, mais .. il devait en avoir le coeur net.

Il avança jusqu'à cette ligne de collines longues et basses qui barraient l'horizon, scruta avec attention cet horizon hérissé de souches calcinées, main ombrant son regard, et, ne trouvant rien, pas la moindre trace de campement ou de bâtiment décida de revenir en arrière et de proposer au groupe de camper pour peut être apercevoir de nouveau les lueurs rouges la nuit suivante, argumentant qu'il s'agissait peut être de cette mystérieuse ville dont parlaient les voyageurs.

Ils passèrent la journée à se reposer, Daniel démonta quelque pièces du camion et les ajouta a sa brocante ambulante sur le chariot, les deux amoureux, quand à eux, s'éloignèrent vers un taillis rocheux et un peu escarpé qui était visible depuis leur bivouac et y passèrent la journée à l'ombre d'une petite grotte, Kalel et jenny chassèrent quelque coyotes et récoltèrent du peyotl et quelques racines comestibles, puis firent une nouvelle expédition en duo vers les collines, un peu avant le milieu du jour.

S'attardant, il finirent par apercevoir, sur le haut d'un flanc de colline calcinée, une sorte d'antenne métallique munie de multiples capteurs qui semblait émerger du sol rocheux.
Ils ne leur fallut pas longtemps pour aller voir de plus près, et presque aussi vite, ils trouvèrent l'entrée de ce qui leur parut de suite être ce qu'il était, un abris.
L'entrée d'une excavation basse dans la roche était fermée par une lourde porte de métal recouverte de lichens et de corrosion.

Ils avaient déjà vu ce genre d'abris privés dissimulés dans des territoires autrefois sauvages ou ruraux, mais c'est la première fois qu'il tombait sur une installation de ce genre, qui visiblement était équipée d'une antenne relais qui semblait encore fonctionner, puisque la lueur rouge clignotante venait de cette antenne qui semblait donc en plus émettre un signal pour signifier sa présence.

Quand Kalel poussa sur la porte, il y eut quelque craquements de rouilles et quelque grincements, mais la porte, à leur grande surprise, s'ouvrit, et révéla l'entrée d'un couloir qui au bout de quelque mètres donnait sur un escalier de métal en colimaçon qui descendait dans le coeur de la roche.
A cette surprise s'ajouta celle de voir s'allumer la lumière dans le couloir taillé dans la roche brute.

Kalel bloqua la porte avec quelque lourdes pierres et s'engagea dans l'escalier en tendant sa carabine chargée devant lui, prudent.
En bas, elle était la, debout au milieu du bunker spacieux, tout fraîchement éveillée, nue et dégoulinante de liquide de stase, encore sous le choc de son réveil, partiellement amnésique, totalement perdue.

Voyant Kalel et son arme, elle se crut d'instinct à la merci de pillards, se souvenant vaguement de la période qui avait précédée sa mise en stase, et hurla, chercha refuge au fond de la pièce, sans aucune échappatoire, et kalel dut poser son fusil en levant la main pour qu'elle se calme un peu.
Jenny lui fit signe de la laisser faire, elle ôta son cache poussière et s'approcha de la jeune fille rousse à la peau presque éblouissante de pâleur, doucement, et lui déposa sur les épaules pour lui redonner sa dignité et lui tenir chaud.

-"T'as rien à craindre, on est pas des chevaucheurs, on va pas t'bouffer.."

Vers la fin du jour, Daniel fut le premier à les apercevoir sur le chemin du retour, se rassurant alors, inquiet de leur retard, accompagnés d'une troisième silhouette.
Quand Marcus posa le regard sur la rousse, il sut d'instinct que les choses allaient se compliquer, et anita lut dans le regard de son compagnon un désir qui, l'espace d'un instant, ne put se dissimuler.

La vieille se fendit d'un sourire et, au grand étonement de tous, se mit à rire, puis se mit à réciter tout bas ses étranges psaumes tout en tracant des signes sur les cieux avec ses doigts, son regard presque vide.

Daniel dut un instant pensif, jaugeant la nouvelle venue d'un regard incisif, se demandant si l'ajout d'un nouvel élément a l'alchimie sociale fragile de leur groupe était une bonne idée, mais chassa cette pensée, car en aucun cas il ne pourrait décider d'abandonner une survivante.

Anita se garda bien de montrer quelque réaction, mais sut dès lors qu'elle surveillerait la rousse, et Marcus, un noeud d'angoisse se nouant dans ses entrailles.

Sur l'horizon, l'astre donnait ses derniers feux, ils décidèrent donc de camper une nuit de plus dans la citerne avant de reprndre la route vers l'ouest.

Ils soupèrent de coyote, qu'Yserne refusa, et de soupe de racines que Kalel préparait au feu et qui se révélait très nutritive, agrémentée de quelques cressons comestibles qu'il était possible de dégoter parfois dans les rares points d'eau, et dont le pisteur savait recconaitre les bons des mauvais.

Ce soir la, tout en le dissimulant quelque peu de pans de branches, ils laissèrent vivre leur feu, en désaccord avec leur protocole de sécurité, et on demanda à yserne de raconter son histoire.
Elle comprit très vite que ses compagnons d'infortunes étaient pour la plupart amnésiques de l'ancien monde, et elle se demanda si elle devait trop en dire, de peur de passer pour une folle si ce monde aride était tout ce qu'ils avaient connu.

Elle leur céda qu'elle était née en 2375, que ses parents étaient des gens aisés et que son père était un savant, et qu'elle avait donc eut la chance d'être protégée dans cette région écartée des routes, et n'avait pas vu le monde être transformé en désert.

Anita choisit dès lors de se rapprocher de celle qu'elle avait vue, et voyait encore, pour une possible rivale dans le coeur du beau Marcus qui, tout au contraire, eut tendance à ne pas trop prêter attention à la rousse, de peur que son regard trahisse quelque chose aux yeux de sa compagne.

Daniel se radoucit très vite, comprenant qu'il venait de trouver une interlocutrice de choix pour les voyages à venir, et l'informa, au cours de la discussion, qu'il comptait emmener le groupe vers l'ouest, vers l'océan, ou il pensait trouver une hypothétique ville de survivants organisés dont parlaient certains voyageurs et quelques légendes du désert.
Certains contes disaient qu'une reine invisible règnait sur la ville et protégeaient ses habitants des dangers du désert.

On disait aussi qu'il fallait chercher une colonne de fumée noire sur l'horizon, le jour, et guetter ses lueurs la nuit, et tout le monde y allait de sa version au sujet de la possible position de cette ville légendaire.

Daniel ne se doutait alors pas qu'il faisait fausse route, et qu'en fait, à ce moment la, le groupe aurait du marcher une petite semaine vers le sud avant de trouver une longue plaine, au centre de laquelle Cybertown était bâtie.

Il ne se doutait pas non plus que leur feu venait d'être apercu par un éclaireur monté sur une moto légère, au travers de sa vieille paire de jumelles, a quelques centaines de mètres de la, vers les collines dont ils étaient revenus avec Yserne.


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